Celui que l'on nomme par son titre de Bouddha (en sanskrit buddha, « éveillé », participe passé passif de racine sanskrite budh-, « s'éveiller ») et ce titre signifie: celui qui sait, celui qui voit la vérité, celui qui s'est éveillé du rêve de la vie, celui qui a vu la vérité, celui qui a vu la réalité; s'appelait Siddhârta Gautama et vécu de -558  à -478 avant JC.

Il est également connu comme le Tathagata, "celui qui est venu ainsi" prêcher la bonne Loi ou dharma.

  Mayadevi, épouse de Suddhodana, à l'époque Président élu (l'Inde étant la plus ancienne et la plus grande démocratie du monde) par une confédération des tribus Sakyas, donna le jour au petit Siddhârta près du petit village de Lumbini dans le sud du Népal, à six kilomètres de la frontière Indienne alors qu'elle rendait visite à sa mère.

  Il reçu ce que l'on considère en son temps comme une très bonne éducation, apprenant les lettres, les sciences et les langues, il sera aussi initié à la philosophie hindoue par un brahmane et recevra de la bouche des vieux sages du clan, croyances, traditions et superstitions anciennes. Il s'adonnera aussi à la musique et la danse et sera aussi formé à toutes sortes d'art martiaux et exercices.

 Adoré par son père, le jeune érudit eut une enfance confortable et sans responsabilités particulières.

  Il fut marié à  l'âge de seize ans, à Yashodara,  sa cousine germaine et de cette union naîtra dix ans plus tard un garçon nommé Rahula.

  Malgré une existence propice à l'hédonisme, Siddhârta n'est pas satisfait par l'existence qu'il mène et commence à se poser un certain nombre de questions métaphysiques et cette problématique est évoquée à travers la légende des «Quatre Spectacles.»

  Le premier spectacle fut la vue d'un vieil homme lors d'une promenade en char à la ville de Kapilavastu, il n'avait jamais vu de vieillard auparavant et n'avait donc pas conscience de la vieillesse. Siddhârta réalisa brusquement que lui aussi serait  sujet à la vieillesse et cela le consterna profondément.

  Le deuxième spectacle  fut la vue d'un lépreux souffrant atrocement et il découvrit la maladie. « Ce corps qui se tord et qui gémit à la même nature que le mien ». Siddhârta réalisa brusquement que lui aussi était sujet à la maladie et cela le consterna profondément.

  Le troisième spectacle fut la vue d'un cadavre que l'on transportait au lieu de crémation sur une civière. « Ce corps pâle, raide et inerte a la même nature que le mien et moi aussi il me faudra mourir ». Siddhârta réalisa brusquement que lui aussi était sujet à la mort et cela le consterna encore plus profondément alors il se mit à réfléchir:

  « La vieillesse, on ne la désire pas, mais on ne peut l'éviter. La maladie, on ne la désire pas, mais on ne peut l'éviter. La mort, on ne la désire pas, mais on ne peut l'éviter. »

  « C'est ainsi mais qu'elle est donc cette énigme ? »

  Et cela commença à le tourmenter profondément.

  C'est alors qu'intervint le quatrième spectacle et ce fut celui d'un Sâdhu. Ce saint homme, marchant, le bol à aumône à la main, paraissait si calme, si tranquille et si serein que le futur Bouddha pensa : « Peut-être sait-il. Peut-être est-ce là le chemin. Peut-être devrais-je en faire autant, couper tous les liens, toutes les attaches mondaines, comme un errant sans foyer et à la robe jaune, comme l'a fait cet homme. Peut-être, de cette manière, trouverai-je une réponse aux problèmes qui me tourmentent. »

  A l'âge de 29 ans Siddhârta décide de rompre avec son quotidien, quitte sa femme et son fils, revêt l'habit de moine et se met en quête de la vérité et cette quête durera six ans.

  Pendant cette période, il pratiqua la méditation sous la direction de deux maîtres.  Le premier, Alara Kalama, lui apprit une technique de méditation qui consiste à transcender tout l'objet des sens et demeurer dans « la Sphère du Néant ». Avec Uddaka, le deuxième, il apprit une technique de méditation basée sur l'état d'absence de « cognition, ni non cognition » et dans laquelle la conscience est pratiquement inexistante tant elle est si subtile. Il utilisera plus tard certains aspects de ces deux pratiques lors de ses propres enseignements.

 Mais le Sakyamuni, voulant réaliser l'éveil suprême, ce qu'on appelle bodaishin, ne se contenta pas de ces cheminements incomplets et s'engagea dans une autre direction qui était celle de la mortification  ascétique.

  Durant cette période, il pratiqua la rétention de souffle et la sous-alimentation. Malgré certains éclaircissements, cette voie ne lui permit pas d'atteindre l'éveil. Il abandonna donc ces pratiques extrêmes et, lâché par ses compagnons, il reprit seul sa quête.

  Peu de temps après, arrivé près de  Bodh Gaya,  il se mit en position du Lotus sous un arbre pour méditer et décida de n'en sortir  que lorsqu'il aurait trouvé une réponse à l'énigme de l'existence. Il demeura ainsi pendant quarante neuf jours, traversant plusieurs états de profondes méditations. D'après les sutras, il approfondi son absorption dans un calme concentré jusqu'à un état de grande équanimité, de clarté mentale et de pureté, à partir duquel il développa la triple connaissance : la mémoire de ses vies antérieures, la vision de la renaissance des autres selon leur karma et la destruction des impuretés qui polluent l'esprit et empêchent l'Illumination. La troisième connaissance fut atteinte à l'aube et, Siddhârta, ayant aboutit à l'Illumination parfaite, devint alors un Bouddha. L'arbre sous lequel il réalisa l'Illumination sera appelé l'arbre de la bodhi (l'arbre de l'Illumination).

  Il serait évidemment très difficile de décrire l'état d'Eveil, d'Illumination atteinte par le Bouddha, nous dirons simplement qu'une lumière, qu'une réponse lui apparut ce qui marqua la fin de sa quête.

  Le Sermon de Sarnath

  Ayant atteint ce but qu'il recherchait depuis longtemps, le Bouddha hésita à faire part de sa découverte aux autres hommes, qui sont tant attachés à leur propre existence, faite de convoitises et de désirs. Même si il avait réalisé l'éveil, ce salut apparaissait comme très difficilement communicable aux autres hommes car il n'est pas possible d'être sauvé par une doctrine ou autre postulat, mais c'est à chacun de faire sa propre expérience de l'Illumination. Finalement, il déclara: « Les portes de la Connaissance sont ouvertes à tout ceux qui veulent entendre. » et il décida d'enseigner.

   Il se met donc en route pour Bénarès, distante de quelque deux cents kilomètres. Ayant traversé le Gange sur une barque, il ne reste pas dans cette ville sainte de l'hindouisme. Il poursuit vers le nord, parcourt une dizaine de kilomètres et atteint la localité de Sarnath. Un souverain local y a créé un parc où des biches, daims et gazelles vivent en liberté. D'où le nom de parc aux Gazelles, qui figure dans les textes anciens.

  Le Bouddha y retrouve cinq jeunes gens qui l'avaient un moment accompagné avant de poursuivre leur route. Ils vont devenir ses cinq premiers disciples. Il leur dit: « Mes amis, si vous suivez mes conseils, vous trouverez sans tarder la lumière que vous cherchez. »

  Comment as-tu fait toi-même pour y parvenir? lui demandent-ils. Je vais vous l'expliquer. Et il se met à leur parler longuement, dans ce grand parc ombragé où chantent les oiseaux et bondissent les gazelles. Ces paroles, que les cinq jeunes gens ont soigneusement notées, vont entrer dans le corpus des textes fondateurs du bouddhisme sous le nom de Sermon de Sarnath. On l'appelle parfois le Sermon de Bénarès. Une véritable ville monastique va naître en ces lieux.

  Détruits au XIIe siècle, au moment de la conquête musulmane, les monuments, dont il subsistait de beaux restes, vont être dégagés en 1835, par un général britannique, sir Alexander Cunningham. Grâce à lui, Sarnath est devenu un des sites archéologiques les plus importants de l'Inde bouddhique.

  Lors de cette première prédication, appelée « Le Sermon de Sarnath », Siddhârta pose les bases du Bouddhisme en exposant la doctrine des « Quatre Nobles Vérités » : vérité sur la douleur, vérité sur l'origine de la douleur, vérité sur la cessation de la douleur et vérité sur le Sentier Octuple (les huit perfections à atteindre pour faire cesser la douleur).

  Le Bouddha restera quelques années à Sarnath et lorsqu’il décide de reprendre sa route, la communauté qu’il a fondée compte environ une soixantaine de membres. C'est alors un homme d'une quarantaine d'années. Il va alors consacrer à la prédication tout le temps qu'il ne passe pas en méditation. Une prédication itinérante. On ne compte pas les villes et les villages de l'Inde du Nord, où il s'arrête, parle à des auditoires attentifs et, si des postulants se présentent, fonde une communauté. La plus importante est celle de Nalanda au Bihar, où nait une véritable cité monastique qui, par ses dimensions, ressemble à l'un de nos campus universitaires et, par le nombre de ses membres, à Cluny. Curieusement, on en sait moins sur la vie publique du maître qu'on n'en a retenu de sa vie cachée.

  A partir de cette étape, il est impossible de reconstituer un itinéraire, à fortiori de proposer une chronologie. Toutefois, un grand nombre de textes ont été conservés: ce sont ceux de sermons que les assistants ont notés au vol ou ceux d'entretiens familiers avec des disciples. Ces derniers ont tout de suite considéré que ses paroles étaient un trésor qu'il ne fallait pas perdre. Pour le préserver, ils ont utilisé les moyens dont on disposait à l'époque: un poinçon pour graver les phrases sur des tablettes de terre cuite, ou un pinceau pour écrire sur des feuilles de talipot, ce palmier qu'on utilisait dans l'Asie du Sud-est comme le papyrus en terre d'Egypte.

  Pendant près de quatre décennies, jusqu’à 478 avant J-C. environ, Bouddha parcourt des milliers de kilomètres, à raison dune vingtaine par jour. Il ne s'interrompt que pendant la mousson, qui rend les chemins impraticables et les cours d'eau infranchissables. Cette période devient aujourd'hui le carême bouddhique qui dure trois mois.

  A l'approche de sa quatre-vingtième année, Bouddha décide de repartir vers le nord. Si détaché qu'il soit, il aimerait revoir son pays natal. Il souhaite retrouver ceux des membres de sa famille qui sont encore en vie: sa femme peut-être, son fils sans doute, peut-être les enfants de son fils s'il s'est marié. Celui qui fut le fringant prince Siddhârta n'est plus qu'un vieillard épuisé, qui se traîne sur les chemins en s'aidant d'un bâton. De violentes douleurs lui déchirent les entrailles. La dysenterie ambiante, dont il souffre depuis quelque temps, s'aggrave soudain quand il atteint Kushinagara, à une centaine de kilomètres du royaume de ses ancêtres. Tremblant de fièvre, vidé par la diarrhée, il s'arrête. On tente alors de le soigner mais trop fatigué, il demande qu'on le transporte jusqu'à l'orée de la forêt. On l'assied, dans la position du lotus, entre deux grands arbres. Il parle brièvement aux disciples qui l'ont accompagné jusqu'ici: le temps n'est plus de les instruire. Mais il veut les réconforter.

  « Chaque homme est sa propre prison, leur dit-il. Mais chaque homme peut aussi acquérir le pouvoir de s'en évader... Ne cessez pas de lutter. » Ce sont ses derniers mots. Il se couche sur le côté droit et s'abîme dans une profonde méditation. Au bout d'un moment, il s'endort doucement. C'est, nous disent les textes anciens le jour de la pleine lune du mois de Visahakha et c'est le même jour où il est né à Lumbini.

  Le corps du défunt est lavé, oint d'une huile parfumée, poudré d'aromates et enveloppé dans plusieurs linceuls. Il reste exposé pendant sept jours, tandis que se succèdent les processions avec musique, danses, offrandes de fleurs et encensements.

  A l'endroit où le Bouddha s'est éteint, on va édifier un temple, connu aujourd'hui sous le nom de temple du Nirvana. A l'intérieur, on a placé une énorme statue couchée du maître. Taillée dans le grès, elle mesure 6,10 mètres. Le corps repose sur le côté droit, la main posée près de la tête, la paume tournée vers le haut, avec une roue de la Loi gravée dans cette paume. Le visage est d'une sérénité admirable. Quand se sont achevées les cérémonies funéraires, le corps du Bouddha a été transporté à un kilomètre de là où, dans un pré, à proximité d'une petite rivière, avait été préparé le bûcher de la crémation.

  Il quitte ce monde en Bienheureux. Par sa mort, Bouddha a atteint la délivrance suprême: le nirvana. L'extinction totale, le domaine de l'infinité de conscience, c’est l'expression du triomphe de l'éveil car enfin libéré dans des affres de la vie.

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Les quatre nobles vérités